[message n°100025] [côte est/ New Paris Banlieu/ 6h35 AM]
[destinataire : monde entier]
[destination temporelle : passé : XXI siècle]
[envoyé de : ANNA CURTIS]
[message : A vous, parents de mon sang]
" Je ne sais pas si vous m'entendez.
Je n'en sais rien.
Mais s''il reste de l'espoir, alors peut-être que mes paroles vont parviendront, telles des lambeaux de verre brisés, accueillies en votre esprit avec la même crainte que si elles coupaient.
Mais non, mes mots ne blessent pas ; n'en ayez peur, bien qu'ils portent en leurs courbes un message funeste.
Ah non, ne fermez pas votre esprit !
Ecoutez la saveur du savoir, transmuté en silouettes étranges ; les mots et leurs corps fluides vivent par leur sens alors...
Ecoutez moi.
Ecoutez ce sanglot étouffé dans nos gorges taries par la soif.
Parce qu'à présent vos déserts ne sont plus des minucules flaques d'eaux sur le planisphère ; ce sont des lacs, des océans, de sable blanc brûlant, engloutissant la Terre et nos villes comme le fut l'atlantide.
Ecoutez cette complainte.
Ecoutez.
Si l'eau vive à disparu de certain endroits, elle a reprit ses droits sur d'autres ; New York la belle s'est endormit dans un bois salé, où ni le prince, ni la postérité, ne viendra la sauver. Ces longs immeubles flamboyants émergent silencieusement, tels des doigts immenses tendu vers un ciel volontairement muet.
New York la belle, fruit du bruit éternel des claxons et des cris, devint soudainement partie intégrante du monde du silence.
Ecoutez ce chagrin rageur.
La tempète répondit aussitôt à ce vent d'amertume que vous aviez semé ; et sur les routes, les banlieux et les villes, laissa un sillon sanglant, témoin du carnage qu'avait engendré le cyclone.
Ecoutez ce futur noyé par vos actes.
Les villages côtiers disparurent ; par la montée soudaine des eaux ou par la mort des poissons, à cause de la pollution, avec lesquels ils vivaient.
Le Golf Stream se détourna , l'Europe empoisonnée d'un champ de glace.
Les grandes villes tinrent longtemps ; avant de s'enfonçer silencieusement dans la mer, dans le désert, le vent, ou la terreur.
Ecoutez alors cette prière.
Cet avenir fut le mien. Je vous le dois, à vous, papa, maman, à votre pollution et à votre haine envers la nature, mépris envers la vie.
Mais, dans le passé, vour pouvez encore le changer. Il n'est pas trop tard.
Sauvez la planète pendant qu'il est encore temps, où se futur deviendra irrévocable.
Je vous en prie.
Que ce message parvienne à quelqu'un.
S'il vous plait.
Je ne sais pas si vous m'entendez,
à vrai dire je n'en sais rien.
Mais si jamais c'est le cas...
Ecoutez le et comprennez le.
Je vous en supplie..."
[rupture de la communication/ perte de ANNA CURTIS]
[siècle XXXème]
[statut de ANNA CURTIS : dernière humaine sur terre]
[fin du message]